Ce lundi a débuté une énième conférence sur le réchauffement climatique au Bourget. Comme son nom l’indique, la Cop21 est la 21ème conférence mondiale sur le climat et force est de constater que l’objectif de limiter le réchauffement climatique mondial à 2°C d’ici à 2100 est encore au stade de l’utopie… Cet immobilisme des grands pays industriels (dont fait partie la France), principaux pollueurs et donc premiers responsables du réchauffement de la planète, paradoxalement, affecte des régions qui n’ont que très peu ou pas de responsabilité dans le changement climatique. Pourtant ces populations souvent insulaires sont en 1ère ligne… Ainsi nos territoires d’outre-mer, tous étant en dehors de la Guyane constitués d’île, sont nos sentinelles face à la menace climatique et seront parmi les 1ères victimes si rien ne bouge… Voici notre triste panorama des dangers climatiques menaçant nos territoires ultramarins :

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La montée des eaux

Bien évidemment la 1ère menace qui nous vient à l’esprit quand on parle d’îles est la montée des océans : une hausse mondiale de la température provoque la fonte des glaces polaires qui par effet boule de neige augmente le niveau de la mer. Des milliers d’îles seront menacées d’être submergées, parmi elles nos atolls polynésiens. Constituée de 118 îles, la Polynésie française risque l’amputation si jamais la hausse de 50 cm (estimation basse) du niveau de l’océan se confirme d’ici 2100 : des atolls pourraient être rayés de la carte, la production agricole deviendrait impropre à la consommation à cause de la salinité des terres de même que les nappes phréatiques. Egalement menacée, mais dans une moindre mesure : la Nouvelle-Calédonie.

L’outre-mer dans l’œil du cyclone

Autre conséquence du réchauffement climatique : l’augmentation de la fréquence des cyclones. Comme l’explique Fabrice Chauvin, un spécialiste du climat et des cyclones, le réchauffement de l’air provoque une augmentation de la puissance des cyclones et intensifiera leur fréquence. En effet le réchauffement entraîne une augmentation de l’évaporation de l’eau, l’humidité de l’air étant l’un des principaux critères à l’origine de la formation des cyclones. Ainsi il y a quelques mois, le président du Vanuatu, archipel du Pacifique durement frappé par un cyclone, a attribué ce phénomène destructeur au réchauffement climatique. Selon la compagnie d’assurance Munich Re, le nombre de cyclones, typhons et autres ouragans aurait doublé en un siècle.

Ces dernières années, nos îles ultramarines ont du faire face à de nombreux épisodes cycloniques : Ana, Bill, Claudette et Danny rien que cette année pour les Antilles ; La Polynésie n’a pas encore été frappée par un cyclone cette année mais le risque de cyclone était évalué à 90% fin septembre ; si la Nouvelle-Calédonie a évité de peu le cyclone PALM, il a par contre dévasté sa voisine Vanuatu ; Mayotte avait pris de plein fouet le passage d’Hellen en 2014 alors que e cyclone tropical Bejisa avait fait un mort à La Réunion cette même année ; l’île de Wallis, quant à elle, avait été durement touchée par le cyclone Evan de décembre 2012.

La sécheresse

La sécheresse est un autre effet négatif attribué au réchauffement climatique. Durement touchés cette année, la Guadeloupe et Saint-Martin ont vu leur agriculture en partie détruite : le préfet de la Guadeloupe a du demander l’intervention du fonds de secours pour soutenir les agriculteurs locaux. Egalement touchée, la Martinique où l’alerte sécheresse a été activée en mai dernier. La Réunion a subit l’année dernière sa saison la plus sèche depuis 50 ans, de même que Mayotte a connu sa pire sécheresse depuis 1957 ! La Nouvelle-Calédonie est en plein dedans : depuis 2 mois les éleveurs s’inquiètent à cause d’une sécheresse particulièrement longue… Même calvaire pour Wallis-et-Futuna qui connaît une saison sèche inhabituelle à tel point que des coupures d’eau ont été instaurées la nuit. De plus, l’eau jusque-là gratuite, deviendra payante. Enfin la Guyane n’échappe pas à cette vague de chaleur et voit le prix de certains fruits (tels le citron vert) tripler…

Le retour d’El Niño

Cette sécheresse omniprésente en 2015 dans quasiment tous les DOM-TOM pourrait s’expliquer notamment par le retour d’El Niño : ce phénomène climatique caractérisé par des températures anormalement élevées de l'eau dans la partie Est de l'océan Pacifique Sud, impacte le climat mondialement et pourrait être la cause principale de la sécheresse sévissant dans les Antilles et en Guyane. Il est également suspecté d’être à l’origine des tempêtes qui affectent la Polynésie française. Ce phénomène n’avait plus connu une telle ampleur depuis 1997-1998 où il avait provoqué de nombreuses catastrophes climatiques.

Si la tendance actuelle se confirme le réchauffement climatique risque d’enfanter de plus en plus fréquemment des Niño de plus en plus turbulents.

Bref, nos territoires outre-mer sont sous la pression constante d’un effet de serre dont ils ne sont pas responsables. Si la Cop21 est aussi productive que ces les conférences climatiques précédentes, le pire reste à arriver…

Stécy Lancastre

Stécy Lancastre

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