Les professionnels en ont eu assez des attaques contre l’immobilier : l’investissement dans la pierre serait improductif et, à ce titre, il faudrait le taxer, d’où la création d’un impôt sur la fortune assis uniquement sur l’immobilier (IFI), d’où aussi des revenus fonciers taxés au barème progressif de l’impôt sur le revenu alors que tous les autres placements financiers bénéficient d’un prélèvement forfaitaire de 30%, prélèvements sociaux inclus. Il fallait convaincre le Chef de l’État et son gouvernement de l’intérêt de la pierre !

L’Association française des Sociétés de Placement Immobilier (ASPIM) a donc demandé au cabinet de conseil EY une étude d’impact sur le rôle économique et social des fonds d’investissement en immobilier non coté en France (SCPI, OPCI…). Les conclusions de cette étude sont limpides : « le secteur de l’immobilier joue un rôle essentiel dans le développement économique. Il représente plus de 10% de la création de richesse de notre pays et 2,1 millions d’emplois » constate Frédéric Bol, président de l’ASPIM.

En 2018, les fonds immobiliers ont investi 2,6 milliards d’euros dans les bâtiments neufs et dépensé 578 millions dans des travaux d’entretien et de rénovation. Cela concerne 59 millions de mètres carrés : 18,5 millions sont des bureaux (soit 31%), 18,2 millions des commerces (30%), 11,7 millions des entrepôts ou locaux d’activité (20%), 4 millions des établissements de santé (7%), 3,1 millions des hôtels et centres de loisirs (5%). Ainsi, et pour prendre un exemple précis, en cinq ans, de 2013 à 2018, les investissements dans la santé ont été multipliés par cinq. Les fonds immobiliers détiennent et gèrent plus de 200.000 lits en Europe.

« Ces dépenses, souligne l’étude, ont permis de créer ou de conserver 43.000 emplois en France ». Des sommes investies dans tout l’Hexagone : 53% du parc se situe ailleurs qu’en Île-de-France.

Ces investissements ont contribué à la construction de bâtiments neufs qui répondent aux dernières normes environnementales et participent ainsi à une meilleure protection de l’environnement. Tous ou presque satisfont au label ISR (investissement socialement responsable). De même, les travaux de rénovation ou d’entretien réalisés ont permis de réaliser des économies d’énergie et d’améliorer la performance énergétique des immeubles.  

Les fonds immobiliers non cotés ont également contribué aux recettes des collectivités locales pour 1,8 milliard d’euros dont 895 millions sous forme de droits de mutation et 680 millions sous forme de taxes foncières.

Avec 180 milliards d’euros d’actifs sous gestion, le secteur immobilier non coté français se classe numéro deux en Europe derrière l’Allemagne. Loin devant les Pays-Bas et le Luxembourg. Une force qui permet à ces fonds d’européaniser de plus en plus leurs investissements.

Et leur rôle va s’amplifier : les fonds immobiliers ont enregistré une collecte record en 2018 qui devrait être encore améliorée cette année. Au premier trimestre, les SCPI ont en effet collecté 4,3 milliards d’euros, en hausse de 78% par rapport à la même période de 2018. Celle des OPCI, produit plus récent et moins connu des épargnants, a cru de 9%. En cinq ans, les actifs des fonds immobiliers non cotés ont augmenté de 141%. 

Le secteur profite d’une conjoncture particulièrement favorable avec des taux d’intérêt au plancher. Ce qui permet à ces fonds d’investir à moindre coût et d’attirer à eux un nombre croissant d’épargnants attirés par des rendements bruts positifs (4 à 6%).

« On est loin du fantasme de la rente dénoncée par le Président de la République » conclut Frédéric Bol qui estime néanmoins qu’à l’avenir, les fonds immobiliers non cotés devraient investir davantage dans le logement. L’habitation ne représente en effet que 6% de leurs actifs.

Au nom de leur utilité économique et sociale, le président de l’ASPIM plaide pour une sortie des fonds immobiliers non cotés de la base imposable à l’IFI. 

Jean-Baptiste de PASCAL

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