La pandémie du Covid-19 a provoqué une chute brutale de l’ensemble des marchés emportés par la crainte d’une récession mondiale. Les marchés actions enregistrent leur pire trimestre depuis la crise financière de 2008, avec une volatilité et des incertitudes élevées. Les places financières mondiales ont cédé à la panique avec des impacts sur l’économie mondiale difficiles à évaluer sur long-terme. Le non-coté ou private equity, classe d’actifs attractive et dynamique, semble mieux résister.

Le private equity, historiquement réservé aux investisseurs professionnels les plus fortunés ou aux fonds d’investissement institutionnels, est devenu accessible aux investisseurs particuliers grâce aux fonds fiscaux : les fonds communs de placement dans l'innovation et les fonds d’investissement de proximité. Les FCPI et les FIP permettent ainsi d’investir dans des entreprises non cotées en contrepartie d’un gain fiscal à l’entrée de 18% à 38%. Ces fonds sont proposés par des sociétés de gestion qui apportent leur expertise dans la sélection et la gestion de ce type d’investissement. Le financement participatif ou crowdfunding connaît également depuis quelques années un engouement important de la part des particuliers qui recherchent à financer directement des entreprises non cotées de leur choix en bénéficiant de rendements bruts relativement élevés. La Loi Pacte, du 22 mai 2019 relative à la croissance et la transformation des entreprises, a ouvert la possibilité d’exposer les contrats d’assurance-vie en unités de compte (UC) aux fonds de capital-investissement permettant ainsi d’orienter l’épargne vers le non coté.

En matière de rendements, les placements non côtés analysés depuis 1987 par France Invest, (association des investisseurs pour la croissance) montrent une performance annualisée de 9,9%. Sur la période 2004 - 2018, le capital-investissement a réalisé une performance annualisée de 11,2% délivrant ainsi des performances nettes supérieures aux indices CAC mais aussi immobiliers. La période 2004 – 2018 englobe ainsi la crise boursière liée au krach de l’immobilier en 2007 et 2008. La plupart des bourses mondiales avaient connu la plus forte baisse de leur histoire sur une semaine : -22% à Paris, -24% à Tokyo, où une compagnie d'assurance a fait faillite et -21% à New York.

Sur la période 2009 – 2018 qui correspond à la période post-crise financière, le capital-investissement français surperforme le CAC 40, à fin 2018 avec 8,8% de performances annuelles sur 10 ans vs. 7,3% pour le CAC 40.

L’étude a été publiée en juin 2019 et réalisée en partenariat avec le cabinet d’audit EY.

En matière de volatilité qui représente le risque d’un placement, plus la volatilité d’un titre est élevée plus la rentabilité court terme est importante avec un potentiel de perte tout aussi important. Le non coté a montré une volatilité historique nettement inférieure aux autres classes d’actifs pour des raisons à la fois techniques et fondamentales. En effet, le marché ne connait pas les mouvements de panique et l’affolement des investisseurs. Il n’y a pas de cotations quotidiennes des titres, ce qui limite la volatilité. Les investisseurs sont engagés dans la volonté d’accompagner la société financée dans la réalisation de son business plan. Ils peuvent ainsi intervenir dans la prise de décisions managériales qui permettront la survie de la société. L’alignement des intérêts entre dirigeants de sociétés, gérants de fonds et investisseurs permet de maintenir les positions en cas de crise et d’accompagner la société à toutes les étapes de son développement, même les plus compliquées.

L’impact des crises sur les sociétés du non coté s’analyse au cas par cas, certaines sociétés sont susceptibles d’être fortement touchés, d’autres de façon moins prononcés et temporaires, certaines sont capables de traverser les crises sans subir de pertes durables. Enfin, quelques sociétés peuvent améliorer leur activité pendant les périodes de crise. 

Le non coté est ainsi mieux placé pour résister lorsque l’économie est frappée de plein fouet par une crise comme celle du coronavirus. Les investissements dans les PME sont très souvent réalisés via des fonds spécialisés qui détiennent suffisamment de trésorerie permettant ainsi de réaliser de nouveaux investissements ou de soutenir les sociétés en portefeuille pour faire face à la crise. Il s’agit également d’un investissement réalisé sur le long terme ce qui permet aux investisseurs de maintenir leur position et de ne pas céder à la panique.

 

Chedly ZARROUK

Chedly ZARROUK

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