Le 16 janvier 2020, le ministre de l’économie et des finances Bruno Le Maire annonce que le taux de rendement du livret A est fixé à 0,5%, au plus bas de son histoire. Cette mesure s’inscrit dans un processus de baisses constantes depuis 2012, de ce placement qui est l’un des préférés en France, avec un encourt approximatif de 300 milliards d’euros.

Cette diminution progressive de la rémunération s’explique non seulement par une faible inflation et des taux d’intérêts bas, mais également par la volonté du gouvernement d’inciter les français à investir dans l’économie réelle. La tendance est en effet de se tourner vers les produits peu ou pas risqués et pour lesquels l’épargne reste disponible. Les français sont donc habitués aux produits garantis et liquides, devenus désormais très peu rentables.

Les produits d'épargne bancaire défiscalisés

Ils sont les plus populaires en raison non seulement de la sécurité et de la disponibilité des fonds qu’ils procurent, mais également parce qu’ils sont exonérés d’impôt et de prélèvements sociaux. Il s’agit de caractéristiques de placement très attirantes, et le succès de ces produits réside également dans leur facilité d’accès et leur simplicité.

Le livret A se situe en première position car, ouvert à tous, il accorde la meilleure rémunération compte tenu de son plafond de placement relativement élevé de 22 950€. Le livret de développement durable et solidaire, destiné au financement de travaux d’économies d’énergie, permet la même rémunération que le livret A en 2020, soit 0,5% mais son plafond de 12 000€ est moins avantageux. L’encourt actuel sur ce produit est toutefois supérieur à 100 milliards, ce qui le place en 2ème position.

Le livret d’épargne populaire est réservé aux revenus les plus modestes. Le plafond est de 7 700€ mais la rémunération est fixée à 1%. A titre informatif, une personne seule dans son foyer fiscal disposant d’un revenu inférieur à 19 977€ net annuel peut bénéficier de ce livret. Les gains sont là encore exonérés d’impôt et de prélèvements sociaux.

Pour tous ces placements, les dépôts sont plafonnés et l’épargne est disponible à tout moment, ce qui explique en partie la faible rémunération.

Les produits d’épargne bancaire fiscalisés

Le livret d’épargne bancaire est un placement dont les dépôts ne sont pas plafonnés et les fonds toujours disponibles. En contrepartie, la rémunération, fixée librement par l’établissement bancaire, est généralement très faible (de l’ordre de 0,05%). Il ne s’agit pas d’un livret règlementé comme ceux décrits auparavant, la fiscalité sur les revenus de capitaux mobiliers s’applique donc sur les intérêts reçus en rémunération, soit un Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU) de 30%.

Deux types de comptes ont vu le jour afin de faciliter l’accès des français à la propriété. Le plan épargne logement est un compte à fonds bloqués rémunéré à 1% depuis 2016. Le plafond de dépôt est de 61 200€ et le PFU s’applique sur les gains. Le compte épargne logement quant à lui permet de disposer d’une épargne rémunérée à 0,25% et libre à tout moment. Le plafond de dépôt est fixé à 15 300€ et le PFU s’applique sur les intérêts. La prime de l’Etat permettait avant de bénéficier d’un abondement lorsque ces comptes étaient soldés en vue d’un achat immobilier, ce qui est encore possible avec les comptes ouverts avant 2018. Cet avantage ayant disparu depuis 2018, seul le PEL a l’intérêt particulier d’offrir un taux de 1% avec un plafond élevé mais le CEL n’a plus d’intérêt.

Enfin, les compte à terme sont des produits proposés par certains établissements permettant à l’épargnant de disposer d’un meilleur taux que les autres livrets en contrepartie d’un blocage des fonds d’une certaine durée. Bien qu’il n’y ait pas d’avantages fiscaux sur les gains (application du PFU), les modalités sont contractuellement définies avec la banque ce qui peut aboutir à un placement plus intéressant que les produits classiques, selon la situation de l’épargnant.

Les autres produits garantis

Les français désireux d’investir leur épargne sur des supports plus dynamiques se tournent vers les assurances-vie et l’épargne retraite principalement. Toutefois les fonds euros demeurent le placement préféré car on y retrouve les caractéristiques des produits bancaires, à savoir une épargne sécurisée et, concernant l’assurance-vie, disponible à tout moment. Ces fonds sont majoritairement investis en emprunts d’Etats, l’assureur est en mesure de garantir un taux minimum. Les performances de ces fonds sont toutefois bien moindres qu’autrefois : en moyenne 1% sur l’année 2019.

La baisse des rendements de tous ces produits d’épargne résulte en partie de la volonté du gouvernement de diriger l’épargne des français vers des investissements plus dynamiques et plus rémunérateurs. La création du Plan d’épargne retraite en 2019 et la diminution du taux du livret A cette année en sont des exemples. Même si certains sont meilleurs que d’autres, il n’y a en définitive pas de bon placement épargne car même lorsqu’un des dispositifs les plus rémunérateurs rapporte 1% net d’impôt, le rendement devient négatif après constatation de l’inflation annuelle qui est généralement supérieure à 1%. Le pire des placements reste toutefois le préféré de français : le compte courant.

Pour placer efficacement ses liquidités, les épargnants peuvent souscrire au dispositif Girardin proposé par Inter Invest, qui consiste à verser une aide financière au développement des entreprises ultramarines et bénéficier l’année suivante d’une réduction d’impôt d’un montant supérieure. La Garantie de bonne fin financière et fiscale (G3F) inclue par Inter Invest dans toutes ses opérations assure au souscripteur le bénéfice de la réduction d’impôt. Cette opération peut ainsi être considérée par l’épargnant comme un placement de trésorerie (toutefois limitée au montant de son imposition) avec un rendement sécurisé de 10% pour l’année 2020.

D’autres placements sont proposés par Inter Invest en capital-risque notamment. L’épargnant désireux d’obtenir plus de performances peut souscrire au FIP Outre-mer ou au Fonds Professionnel de Capital Investissement (FPCI) afin d’investir indirectement dans le capital de PME en croissance. Les fonds sont bloqués pour une durée de 7 à 9 ans et il existe un risque de perte en capital, mais les plus-values peuvent être significatives d’autant plus qu’elles sont exonérées d’impôt.

 

Théodore SCHIELE

Théodore SCHIELE

-

Articles relatifs

Vous souhaitez réduire
votre impôt ?

Découvrez de quel montant vous pouvez réduire votre impôt grâce à notre simulateur

Je fais la simulation

Restez toujours informé

Inscrivez-vous à notre newsletter