Pour diversifier leur patrimoine financier et diminuer le risque tout en obtenant de la performance, les gérants de patrimoine comme les ménages ont eu recours d’abord aux obligations puis à l’immobilier et, depuis peu, au non coté appelé également « private equity ».

Avec l’apparition des taux d’intérêt négatifs mis en place par les banques centrales pour sauver le monde occidental de la crise financière et économique de 2008-2009, les emprunts d’Etat ne rapportent quasiment plus rien et les titres d’entreprise guère plus. L’immobilier a en revanche bien performé ces dix dernières années. Tout comme le non coté qui s’est révélé être un placement moins risqué qu’on ne le pense et très rentable. Les investisseurs institutionnels (banques, compagnies d’assurances, fonds de pension…) ne s’y sont pas trompés : ils ont fortement accru leur exposition à ce placement qui ne doit plus être seulement regardé comme un investissement alternatif, mais comme une classe d’actif à part entière.  

Même si le nombre d’opérations a diminué de 13% en 2018, le marché  du non coté a progressé de 10% en valeur et atteint 582 milliards de dollars selon le dixième rapport annuel de Bain & Company, leader du conseil aux fonds d’investissement.  « Nous avons battu des records d’investissements et atteint des valeurs inégalées. Ces cinq dernières années ont été les plus fructueuses de l’histoire du secteur » écrivent les auteurs de l’étude. 

Malgré cela, une partie croissante des sommes confiées aux gérants de fonds non cotés n’a toujours pas été investie, que cela concerne les fonds de capital transmission, l’immobilier, le capital risque, les infrastructures ou les dettes. Un trop plein ? Non pour Bain & Company. Les gérants cherchent les bonnes cibles au bon prix sur un marché où les multiples de valorisation ont eux aussi atteint des sommets. A l’appui de leur optimisme : « les deux tiers de l’argent non investi proviennent de levées de fonds intervenues dans les deux dernières années, ce qui signifie que les récentes transactions éliminent peu à peu l’ancien capital au profit du nouveau ».

Les gérants font également tourner plus vite leur portefeuille avec aujourd’hui une durée moyenne de détention de quatre ans et demi contre cinq ans et neuf mois en 2014. Un quart des participations sont même revendues au bout de trois ans. « Cela concerne des secteurs en extrême croissance comme les logiciels et la fintech » relève l’étude. D’autres gérants, en revanche, étendent leur durée de conservation.

Autre soutien de marché : le nombre d’entreprises cotées est en baisse. La bourse n’est plus l’unique solution pour les PME qui veulent croître.  Pour preuve le nombre de sociétés cotées aux Etats Unis a été divisé par deux en vingt ans. Les sociétés innovantes entrent en bourse plus tardivement, ce qui laisse plus de valeur à capturer aux investisseurs privés que par le passé.   

De nouveaux investisseurs arrivent aussi sur le marché du private equity en provenance d’Amérique Latine, que ce soit le Chili, la Colombie ou le Pérou, mais aussi du Japon, de la Corée du Sud ou de Taiwan au travers de fonds de pension ou de compagnies d’assurances.

L’engouement pour le non coté résulte de sa décorrélation des marchés boursiers mais surtout de ses performances. Le capital investissement a progressé  de 10,8% en moyenne par an sur les quinze dernières années alors que, dans le même temps, le CAC 40  progressait de 7,1% dividendes réinvestis, selon les derniers chiffres communiqués par France Invest  et le groupe d’audit EY. Sur les six premiers mois de 2018, le private equity americain a dégagé un rendement  de 14% selon les chiffres de Burgiss Private Equity Research ; Et pour les dix prochaines années, ce même institut table sur une performance de plus de 10% par an, un rendement légèrement en baisse mais supérieur à ce qu’il anticipe pour les autres classes d’actifs.

Le principal obstacle au développement de ce placement auprès des ménages reste sa faible liquidité. L’investisseur ne peut récupérer sa mise avant huit à dix ans. Un handicap que les sociétés de gestion sont parvenues à contourner en créant des fonds offrant une liquidité hebdomadaire.

Dernier atout du non coté ? Beaucoup d’épargnants sont désorientés par la bourse avec des évolutions de cours qui n’ont plus de lien avec la performance économique des sociétés. A l’inverse, en participant au développement du tissu économique d’une région, à la croissance de l’emploi, l’investissement dans le non coté redonne du sens aux placements des particuliers. Ainsi en 2017, France Invest a évalué à 56 500 le nombre d’emplois créés par les entreprises accompagnées par le capital investissement.

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Jean-Baptiste de PASCAL

Jean-Baptiste de PASCAL

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